Réalisée en mai-juin 2025, cette enquête a recueilli l’avis de 348 représentants syndicaux répartis dans 273 entreprises wallonnes de plus de 50 travailleurs. L’objectif était d’analyser la place qui est faite aux questions d’environnement et de mobilité dans la concertation sociale, d’identifier les obstacles et les leviers, et de mettre les résultats en perspective avec ceux d’une enquête similaire menée en 2017.
Il en ressort que les discussions en entreprise en lien avec l’environnement portent aujourd’hui principalement sur la gestion des déchets, la transition énergétique et les achats durables, tandis que les thèmes du bruit et de la pollution sont moins présents qu’en 2017.
Concernant la mobilité, les trois thèmes principaux abordés sont la mobilité active (vélo, marche, etc.), la voiture électrique et l’accessibilité du lieu de travail. L’approche de la mobilité est davantage pragmatique, car il existe des solutions concrètes et mesurables. Le covoiturage est compris comme une solution économique, mais reste difficile à mettre en œuvre.
Le CPPT reste le cœur de la concertation en matière d’environnement et de mobilité. Toutefois, l’enquête met en évidence une diversification des espaces de dialogue, avec un renforcement marqué du rôle du Conseil d’Entreprise, particulièrement sur les questions de mobilité, sans doute grâce à l’enquête fédérale trisannuelle obligatoire.
Ces thématiques sont abordées le plus souvent de manière ponctuelle. Disposer d’une personne en charge de ces questions augmente la fréquence des discussions, et il serait utile de fixer des repères temporels formels dans la législation pour obliger l’employeur à aborder ces sujets au moins une fois par trimestre.
Si la législation et l’image de marque restent les deux premiers leviers d’action en matière d’environnement, l’influence de la politique du groupe et la volonté de faire des économies ont significativement pris de l’ampleur en 2025, tandis que la pression syndicale a reculé. Cela indique que la concertation sur l’environnement et la mobilité est désormais davantage perçue comme une obligation réglementaire et stratégique que comme le fruit d’une mobilisation syndicale directe.
Néanmoins, la pression syndicale reste un facteur clé. L’impact des accidents environnementaux montre que les événements négatifs jouent aussi un rôle de déclencheur qui force à prendre le sujet en compte.
Les principaux obstacles pointés par cette enquête sont le manque d’intérêt des travailleurs, qui considèrent les thématiques environnementales et de mobilité comme moins urgentes que d’autres préoccupations sociales ou économiques, ainsi que le manque d’engagement de la direction.
Pourtant, 85 % des délégués jugent l’environnement et 87 % la mobilité « importants » ou « très importants », un chiffre légèrement inférieur aux 90 % de 2017. Ces données témoignent d’une prise de conscience collective forte des enjeux environnementaux dans le monde du travail.
Les priorités identifiées en 2025 montrent que les délégués syndicaux ciblent des actions concrètes, opérationnelles et directement applicables en entreprise sur ces matières : gestion de l’énergie et des déchets pour l’environnement, aménagement de parkings et promotion des modes de déplacement actifs (dont l’usage a augmenté de 29% à 55,55%).
Au rayon des nouveautés pointées par cette enquête, on note la prise en compte de la santé en lien avec les préoccupations environnementales dans l’entreprise. Ou encore, a contrario, la mise à l’écart relative de certains thèmes plus complexes ou systémiques, comme la biodiversité ou la relocalisation des activités, ce qui met en évidence le besoin d’outils, de formations et d’accompagnement pour élargir le champ d’intervention syndicale en matière d’environnement.
La formation, la mise en réseau et le soutien de l’action syndicale en matière d’environnement et de mobilité au sein de l’entreprise sont primordiaux. Les éléments de l’enquête démontrent l’importance du travail de formation et d’éducation permanente réalisé par les cellules FAST et RISE des syndicats Synova, FGTB et CSC en matière d’environnement.
Pour plus de précisions, vous trouverez l’analyse complète de l’enquête ici